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30.12.2010

Les mains

Les mains

 

Une main qui vient de naître, rose et potelée qui cherche la vie auprès d’un sein nourricier…

 

Une main blanche sur une virilité noire, une autre noire sur les touches blanches d’un piano …

 

Une main parcheminée en fin de vie où les veines bleues comme autant de fleuves capricieux, courent sous la peau…

 

Deux mains qui s’étreignent pour calmer des angoisses, l’une petite et timide, l’autre forte et rassurante…  

 

Quatre mains qui se cherchent, se rassurent avec des caresses, se comprennent pour mieux s’aimer…

 

Des mains sur un corps fatigué par les années et qui disent : «  je suis toujours là, n’aies pas peur »…

 

Des mains fortes et noueuses comme les branches de l’olivier qui ont donné les plus beaux fruits …

 

Des mains calleuses qui ont bâti des maisons pour que les êtres puissent s’aimer à l’abri des regards…

 

Des mains pleines de terre pour nourrir une planète où les gens ne mourront plus de faim…

 

Tes mains douces et soyeuses comme une caresse papillon sur mon corps se promènent…

 

06.12.2010

SAINT NICOLAS

Les visages sont anxieux, parfois même une larme coule sur les joues roses.
Mille questions vous assaillent quand on a juste quatre ans, le doute de ne pas avoir été sage ou tout au moins pas assez suivant les critères des grands
Les rêves des « Tout Petits » dans un monde de Grands, avec leurs règles, mais comment ne pas être sages à cet âge là ?
Alors que tu penses, petit homme, à la sucrerie qui fond dans la bouche, aux odeurs de pain d'épice qui te reviennent en mémoire, le bonbon acidulé qui éclate en mille feux d'artifices sous la langue, le goût du fruit confit à la cerise qui te rappelle les bonnes tartes de Grand-Mère quand pour te consoler celle-ci te prenait sur ses genoux, ta tête contre sa joue, tu avais alors pour mille ans de
tendresse rien qu'en respirant les senteurs d'une poudre de riz sur son visage, qui, croyait-elle, lui cachait quelques sillons de sagesse.



La cloche sonne, les plus petits se serrent contre leurs aînés, un frisson de crainte, un sentiment d'angoisse et de bonheur devant l'inconnu : il va apparaître dans ce grand couloir plongé théâtralement dans la pénombre par un éducateur bien intentionné, sûrement, qui contribue a
entretenir le mythe du bien et du mal, condition préalable pour devenir grand !



Le voilà enfin dans son grand habit rouge comme dans tes rêves, une grande barbe blanche toute frisée, un géant à contre- jour, immense, s'appuyant sur une crosse noueuse, un grand sac rempli de mille trésors .



Mais voilà, un enfant ne peut- être vraiment sage que dans la joie et le bonheur, la peur existe alors pour le leur rappeler ou plutôt leur apprendre que dans la vie pour avoir un peu de joie et beaucoup de crainte, les grands on inventé aussi le laid pour sublimer le beau et ainsi faire des adultes des êtres craintifs qui n'auront qu'une envie, paître dans les grandes plaines tranquilles de Panurge.



 

07.10.2010

Les vacanciers

Les vacanciers...
Pov' d'eux autres, ils se sont tapés le carton juillet et août, les pieds dans une flaque d'eau...
Amenés là habilement par le Papa lors du montage de la tente, ce gros naze a, en effet, déchiré la toile, énervé par les six heures de route avec comme fond musical les braillements du tout dernier ex-spermatozoïde !
Je repense à tout ça, les lunettes de soleil protégeant mes jolis yeux des rayons d'un soleil de fin d'août et qui me permettent aussi, en hypocrite, de regarder les jolies joufflues qui passent devant moi…
Ce qu'aurait bien pu faire le gros con qui a déchiré sa tente pour pouvoir prendre un bain de pieds à domicile !
Enfin, que voulez vous, tous les goûts sont dans la nature…
Moi, les pieds en éventail les orteils en bouquets de violettes…, un bon verre de bière à la main, amoureusement mis au frais par ma Nana, je regarde la mer devant moi et je pense à toi, dans ton bureau, où la clim. vient de tomber en panne, toi aussi cher lecteur tu verras la mer de-vant toi le soir d'une journée harassante de boulot, la foule en vague mais cette fois toute habillée…
Tu déploreras, cher ex-vacancier, des trésors d'imagination pour te souvenir de la petite blonde canon que tu reluquais en douce sur la playa de « palavas les flots »…
Ne t'inquiète pas, j'ai pris la relève, il n'y a peut-être pas la quantité mais la qualité, je te jure que...
Enfin je veux pas te faire bisquer là !...
Je comprends qu'après une journée pour ton esclavagiste de patron et, sous le regard suspicieux de ton petit chef à moustaches, tu n'aies pas envie de raconter ton mois de congé sous un parapluie, les pinceaux bien au chaud dans tes bottes de caoutchouc de couleur verte (les seules qui restaient en magasin), je comprends tout ça et compatis à ton malheur et tes regrets aussi, mais que veux-tu que j'y fasse ?...
Oui peut-être…
Me retourner côté pile pour être bien bronzé de partout, aller faire une petite trempette dans l'eau à trente degrés, oui, bien sûr, si cela peut te faire plaisir, même une petite sieste ensuite, moi, je veux bien…
Et même un petit apéro avant d'aller sur la terrasse manger à l'ombre, je peux le faire, ok !…
Je vis au bord de la mer alors c'est facile pour moi, quoique !
Il me faut faire tout de même deux cent mètres et, en plus, le sable fin des plages de Palavas les Flots est très chaud mais bon j'enfilerai mes tongs voilà tout…

Un ex-vacancier qui passe…:
Tout blanc de peau, on va finir par les lui couper les roubignoles au singe pas possible de nous bavez comme ça !!!

Si, si, je peux le faire, la preuve…
Bon, je continue avant qu'un autre hargneux me coupe aussi la parole en attendant de rêver à mes coucougnettes dans un bocal pour regarder lors de longues soirées d'hiver…
Maintenant que te voilà parti, cher ex-vacancier, avec ton bronzage cachet d'aspirine et le moral dans tes groles…, bon, moi je vais promener mon corps d'athlète tout bronzé, le regard caché derrière mes Ray-ban !
Non, aujourd'hui je ne me baigne pas, car même si ma Rolex est étanche sous l'eau, les jolies filles ne peuvent pas la voir, mon moule-burnes de chez JP l'égoutier me serre un peu, mais, bon !
Des fois il faut faire des sacrifices !...
Bonne fin de vacances à vous, au bureau et dans les embouteillages....
Signé : Orang El-Dég-outant